Par Bruno Lacoste Président de l'agence de publicité Brune
En croissance constante sur le plan des investissements, Internet offre à la création publicitaire un nouvel outil de mise en scène de la marque. Mais c'est le croisement des techniques qui permet de décupler l'impact.
Depuis le début de l'année, on ne compte plus les articles des magazines et newsletters de la profession qui rapportent, semaine après semaine, l'irrésistible ascension des dépenses publicitaires sur la Toile au détriment des medias traditionnels, TF1 inclus.
Perçu comme une nouvelle manière de communiquer avec le consommateur, le media Internet se pare désormais de toutes les qualités.
Il "rend le pouvoir au consommateur", il lui "donne la parole" et lui permet de "s'exprimer". C'est un media qui le rend "actif" par opposition aux autres medias où il ne peut que subir le message publicitaire.
Et le phénomène est appelé à durer. Non pas tant parce qu'Internet rend le consommateur actif et lui permet de réagir. Après tout, le spectateur réagit aussi devant sa télé en regardant la pub. Il la trouve attractive ou sans intérêt. Amusante ou envahissante. Et vote avec son porte-monnaie. Mais bien parce qu'Internet offre aux créatifs et aux annonceurs un nouvel outil de mise en scène de la marque dont les multiples possibilités commencent à peine à être défrichées.
Au cours des douze derniers mois, de grandes campagnes publicitaires d'une étonnante fraîcheur ont vu le jour sur la Toile. Celle du concessionnaire de Dalarõ pour la Volvo S40 qui ne comprend pas pourquoi soudain tant de gens entrent dans sa concession. Celle encore d'American Express avec ses films qui relatent les aventures de l'humoriste américain Jerry Springfield contre Superman pour vanter les services inclus dans sa carte bancaire. Des rhétoriques différentes. Un décalage inhabituel. American Express emprunte au feuilleton. Volvo à l'énigme policière. Deux énormes succès sur le net.
Dans ces deux cas, la marque a dépassé un usage classique d'Internet (un site informatif qui dans de trop nombreux cas n'est pas beaucoup plus qu'une brochure sur la Toile) pour un usage ludique (un site pour une campagne d'image). Dans ces deux cas, Internet s'est enrichi au contact du langage publicitaire.